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“Ashtanga Vinyasa, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ?…”

par | 20 Juil 2021 | Yoga | 0 commentaires

Parfois décriée, parfois idolâtrée, la pratique du Ashtanga suscite autant de passion chez ses adeptes, que de méfiance de la part des autres lignées de yoga. Et si l’on apprenait à le connaître davantage ?

Qu’est ce que le Ashtanga Vinyasa ?

Le Ashtanga Vinyasa yoga est une forme dynamique de yoga développée par Pattabhi Jois, élève de Krishnamacharya, selon les enseignements d’un traité  le « Yoga Korunta », qui aurait disparu, “dévoré par les fourmis”, (certains auteurs contestent l’existence de ce traité) 

Ashtanga (huit en sanskrit) fait référence à Patanjali, auteur présumé des Yogas Sutras, un des textes  fondateurs du yoga. Les Yoga sutras décrivent les huit membres du Yoga.

 Ce texte a fait l’objet de nombreuses traductions. La richesse de la langue sanskrite fait que le résumé ci-dessous est forcément réducteur.

Je vous conseille la version de Françoise Mazet, qui permet de se rendre compte de la pluralité des interprétations possibles.

Les huits membres du Ashtanga Yoga

  • Les “yamas” et “niyamas” nous enseignent l’éthique sociale et individuelle, qui nous donnent de précieux repères pour agir en harmonie avec nous-même et avec la société.
  • Le troisième membre est “asana”, posture, qui doit être « stable et confortable », tenue sans effort
  • Le quatrième est “pranayama” ou respiration contrôlée, l’extension ou l’allongement du souffle vital
  •  Ce qui nous amène vers “pratyahara”, le retrait des sens extérieur vers l’intérieur.
  • Celui-ci permet “dharana”, la concentration rendant à son tout possible “dhyana”, la méditation, qui permettent d’atteindre
  • “samadhi”, état de paix  intérieure et d’unification  
  • Cependant, le traité de Patanjali ne détaille pas les asanas, et il décrit essentiellement le yoga en tant que pratique méditative.

Le Ashtanga Vinyasa yoga semble, en apparence, s’éloigner, du Ashtanga Yoga de Patanjali .

Les principes du Ashtanga Vinyasa Yoga

Les éléments principaux du Ashtanga Vinyasa Yoga sont les drishtis, le vinyasa, la respiration Ujjayi, les bandhas.

Le Drishti est le point de concentration du regard, il permet au pratiquant d’être focalisé sur un endroit spécifique, et ne pas laisser le mental vagabonder, d’être intensément présent dans sa pratique.

Vinyasa est un terme Sanskrit qui signifie synchronisation du mouvement et de la respiration. La spécificité du Ashtanga vinyasa yoga est l’enchaînement des postures dans un rythme fluide. La température corporelle augmente, les toxines sont éliminées et le corps parvient à repousser ses limites sans forcer.

Cette forme de yoga permet de réveiller et développer l’énergie du corps tout en clarifiant le mental.

La respiration traditionnelle est la respiration « Ujjaii », respiration lente et profonde. L’inspir et l’expir sont égalisés, (samavritti), la fermeture partielle de la glotte émet un petit bruit presque imperceptible, semblable à l’océan, qui aide à la concentration.

Cette forme de respiration est le le résultat d’un apprentissage progressif, qui ne doit en aucun cas être forcé ou exagéré, l’essentiel étant l’attention continue sur le souffle « lent et profond »

Les bandhas signifient « verrous ». Uddiyana Bandha (verrou du “volant”, de l’estomac) et le mula bandha (verrou de la base, élévation du plancher pelvien) sont particulièrement utilisés dans la pratique Ashtanga. Ces contractions permettent de rediriger l’énergie dans le corps, de protéger des surpressions, et d’approfondir la posture..

Le Ashtanga vinyasa yoga renforce et assouplit tous les muscles du corps, développe la vitalité et la concentration.

Affiner sa pratique du Asthanga Vinyasa, vers la subtilité

Une fois ces quatre piliers définis, la pratique constante et progressive, nous amène à des nuances selon l’expérience et le ressenti.

Ainsi le souffle ujjayi est loin du ronflement parfois enseigné. Avec les années, il devient de plus en plus subtil, sur le plan énergétique, au niveau du chakra de la gorge.

Le choix des dristhis, qui a lui-même  évolué dans l’enseignement de Pattabhi Jois, se fait de plus en plus vers l’intériorisation, privilégiant Nasagrai dristhi (sur le bout du nez). Mais l’écoute de soi est importante. Dans des circonstances exceptionnelles, (épuisement, grossesse) on peut mettre en place un dristhi intérieur (regard intérieur les yeux fermés si ces derniers sont fatigués). Ou choisir un autre dristhi que celui préconisé dans la tradition pour prendre la posture juste pour soi (afin de préserver ses cervicales par exemple). L’important était de garder la concentration et la présence.

De contraction musculaire, les bandhas deviennent au fil des années également plus subtils. Il ne s’agit pas de contracter sans relâche le périnée pendant toute la séance (ce qui l’épuiserait au final) mais de l’engager de manière nuancée suivant les postures et l’étape du souffle, d’être dans une conscience fine de cette zone en cherchant à rediriger l’énergie vers le haut.

Le Ashtanga vinyasa, une pratique sportive ou spirituelle ?

Bien que cette forme de yoga particulièrement intense agisse en profondeur sur le corps physique, le ashtanga yoga n’est pas un sport. La pratique des asanas en mouvement permet une autre forme de concentration, proche d’une méditation en mouvement. C’est l’énergie plus que la force musculaire qui  permet  le mouvement.

On peut retrouver la notion de Pratyahara dans la pratique. Dans la première série, Karnapidasana, Kurmasana, Garbha pindasana qui illustrent bien cette notion et permettent de la ressentir. 

olivia charpentier karnapidasana

Selon Patanjali « yoga cittas vrittis nirodah » , le yoga est l’arrêt des fluctations du mental. Un pratique engagée et sincère du Ashtanga permet de ressentir et de développer cet état intérieur, de pure concentration, et de connexion  à quelque chose de plus grand que le Soi.

C’est aussi le sens du mantra d’ouverture de la tradition Ashtanga : en se référant d’emblée à Patanjali, il met en garde le pratiquant de la tentation de s’identifier uniquement à l’aspect postural, il nous relie à une tradition ancienne, et nous permet de poser une intention  sur notre pratique,  en la dédiant à ceux qui nous ont précédés sur le chemin du yoga (et pas que, on peut élargir cette notion à tous nos enseignants, tous les “upa guru”, les personnes qui ont croisé notre chemin, les événements qui nous et nous ont fait grandir.) On peut ainsi nourrir la gratitude et commencer la pratique dans un état d’esprit positif et non de compétition avec soi-même ou avec les autres.

La mysore class : au coeur de la pédagogie ashtanga

La répétition de la même série, permet à l’élève d’intégrer les mouvements, et de développer une autonomie. 

Il est alors capable de suivre une classe « mysore », pratique matinale, où les pratiquants enchaînent les mouvements  de la série à leur propre rythme, sous l’œil attentif de l’enseignant qui les aide à avancer, avec patience et précision.

C’est cette autonomie qui est à mon sens la grande leçon de l’ashtanga vinyasa. On lui reproche d’être trop basé sur l’aspect postural et pourtant…

Dans le silence, l’élève devient immédiatement pratiquant, témoin de son souffle, de ses pensées, de ses limites, de ses émotions. Chacun est absorbé dans sa sadhana, à la rencontre de Soi mais bénéficie de l’énergie collective de la classe mysore. 

A la maison, cette autonomie personnelle acquise permet, en plus de renforcer et d’assouplir visiblement le corps, d’entrer vraiment dans la profondeur du Yoga.

Mon parcours de Ashtangi

Après plusieurs années de vinyasa flow à Paris, j’ai découvert le Ashtanga. 

Le premier cours à été un choc. J’avais mal partout mais me sentais pleinement vivante. Ce fut une révélation et le début d’une longue passion.

Je suis partie en Inde, à Mysore, où s’est développée cette pratique sous l’impulsion de Krishnamacharya puis de Pattabhi Jois. J’ai suivi l’enseignement de Ramesh Shetty, qui m’a donné les bases indispensables pour enseigner (certifiée Yoga Alliance 200hrs ttc), puis n’ai cessé d’approfondir ma compréhension du système Ashtanga dans de nombreux workshops avec Petri Raisanen, Ahimsaka Satya, Arnaud Kancel, Maty Ezraty Vanessa Brouillet, Silvia Di Renzo, Malena Beer…

En 2015, je fonde le premier studio enseignant l’Ashtanga en Lozère, en parallèle de stages “immersion ashtanga” où je transmets mes connaissances à des élèves de toute la France.

En 2017, je pars à Bali, enceinte de 6 mois pour animer un stage et pratiquer sous la direction de  Damien De Bastier et Andrea Drottholm au Samadhi (certifiés Ashtanga niveau 1 et 2), je continue mes mysore quotidiens jusqu’au jour de mon accouchement.  J’accouche même sur mon tapis “ashtanga pro mat ” !

Quand mon bébé a 5 mois, nous partons à Rishikesh pour 6 semaines de classe mysore quotidienne avec Louise Ellis, l”une des premières élèves certifiée par Pattabhi Jois. Mon fils baigne dans le yoga il maitrise très vit le Ado Mucka Svanasana (chien tête en bas)

Est-ce que le Ashtanga Yoga est dangereux ?

Je suis convaincue par les bienfaits de cette discipline,  qui donne vitalité, énergie et dynamisme

même j’en mesure les pièges éventuels.

En effet l’Ashtanga Vinyasa est tellement puissant qu’il peut facilement entraîner vers une forme d’attachement voire de dépendance à sa pratique. Le yoga doit nous conduire à une forme de libération, donc s’il l’on se sent frustré, agacé dès que l’on ne parvient pas à pratiquer sa série quotidiennement, il peut être intéressant de se questionner.

L’intensité de la pratique peut conduire à des blessures si elle n’est pas progressive,  et adaptée à votre morphologie.

Je fuis tout dogmatisme et encourage donc chaque pratiquant à explorer, expérimenter, avec discernement, douceur et persévérance. Et à garder sa pratique vivante et joyeuse !

Ashtanga vinyasa et Ayurveda

La pratique Ashtanga, en particulièrement dans la 1ère série, renforce beaucoup l’élément feu, AGNI, dont la bonne santé est primordiale. Selon l’Ayurvéda la majorité des maladie proviennent d’un déséquilibre de Agni. D’où le nom de la première série ashtanga “Cikitsa” (santé). Toutefois un agni trop fort peut conduire à de l’irritabilité, de la colère, une désydratation, un amaigrissement excessif.

L’Ayurvéda ne nous recommande pas les même types de pratiques suivant nos doshas, et suivant les saisons, elle-mêmes influencées par les doshas. Ainsi le printemps est une saison particulièrement faborable pour la pratique du Ashtanga, par exemple, tandis que l’été l’est beaucoup moins. Si quelqu’un est déjà très “Pitta”, il va peut-être attiré par l’Ashtanga, et pourquoi pas ! Mais il sera d’autant plus important d’avoir une intention de “lâcher-prise” pour ne pas aggraver son pitta, et d’adapter de manière subtile sa manière de pratiquer l’Ashtanga. Je l’ai d’ailleurs personnellement ressenti lors de mon séjour en Inde où je faisais “mon mysore” à l’aube tous les jours pendant 6 semaines, tout en allaitant exclusivement mon bébé de 6 mois, avec une température frôlant les 50 degrés… Une thérapeute ayurvédique consultée sur place m’y a conseillé de pratiquer la série à un rythme plus lent pour équilibrer “Pitta”, et d’équilibrer avec beaucoup de pranayama, nidra, méditation assise…

Il me semble donc primordial de toujours revenir à une écoute profonde de soi, d’utiliser les connaissances anatomiques pour pratiquer l’ashtanga vinyasa dans le respect de notre corps. Rappelons nous : “Ahimsa, la non violence” !

Pratiquer le Ashtanga Vinyasa en Lozère

Après avoir passé 7 ans consécutifs à pratiquer le Ashtanga Vinyasa 6 jours sur 7, excepté les jours de pleine et nouvelle Lune, selon la tradition, j’ai ressenti le besoin de consacrer davantage de temps à mes recherches personnelles autour des aspects énergétiques et subtils de la pratique. Actuellement dans ma pratique personnelle, j’associe une pratique très régulière de la 1ère et 2ème série Ashtanga à l’exploration d’aspects passionnants du yoga  (mudras, vayus, pranayamas, nidras, yoga du son…). 

J’enseigne un Ashtanga inclusif, dans le respect de la tradition mais à l’écoute des possiblité de chacun, et dans un esprit bienveillant, sans compétition, ni avec soi-même ni avec les autres.

Des cours collectifs, des stages et des retraites ashtanga ont lieu au Shala de Lozère, n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez en savoir plus !

Namaste.

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Yogini passionnée, thérapeute holistique et comédienne, Olivia partage la joie du Yoga au cours de ses retraites en harmonie avec la nature et dans le respect du vivant.

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