Naissance à la maison, un choix extraordinaire

par | 19 Mai 2025 | Périnatalité | 0 commentaires

Partage de vécu sur l’accouchement à domicile

Mes deux enfantements, et notamment la naissance à la maison de ma fille il y a déjà 3 trois ans furent des expériences puissantes, magiques, sacrées, dont je suis encore émerveillée.


Même si cela relève de l’intime, j’avais à cœur d’écrire un article sur le sujet de l’accouchement à domicile sur ce blog, tant je sais à quel point le Yoga a contribué au bon déroulement de mes accouchements.

Je souhaitais en même temps partager mon expérience de la naissance à la maison, un choix encore peu adopté en France, et pourtant tellement bénéfique pour l’arrivée au monde du bébé, le lien d’attachement mère-enfant, le couple et la vie de famille.

accouchement à domicile

Deux expériences inoubliables

Pour mon premier enfant, l’idée d’accoucher chez moi est venue assez tardivement. Personne dans mon entourage n’avait accouché à la maison (ou alors inopinément, ma tante dans sa voiture, une autre tante sur son lieu de vacances…)

C’est en me renseignant sur les différentes options que j’ai découvert cette possibilité, légale et sécurisée, à condition d’être bien préparée et accompagnée.

La rencontre avec une sage-femme très professionnelle et sympathique nous a convaincus immédiatement, et tout se passât facilement, de manière très fluide, comme une évidence.

Cinq jours avant le Jour J, j’avais cru accoucher, mais après un pré-travail intense, les contractions s’étaient finalement arrêtées, bébé n’était pas encore prêt.

J’avais repris ma vie normale, j’étais en pleine forme et c’est en marchant dans la montagne que le travail avait repris. J’eus juste le temps de redescendre jusqu’à la maison, de m’assoir sur mon tapis que la poche des eaux rompît soudainement. S’ensuivit 1h 30 de contractions intenses, puis la sage-femme est arrivée, 30 minutes avant la mise au mise au monde de Félix Ganesh.

La naissance de mon aîné s’est ainsi faite sur mon tapis de Yoga !

Je ne l’avais pas prémédité, mais c’était l’endroit où je me sentais le plus en sécurité 😉 Et se sentir en sécurité est l’une des choses les plus importantes lorsqu’on accouche !

Cet enfantement fût une expérience tellement inoubliable que je n’imaginais pas mettre au monde différemment en cas de nouvelle grossesse.

Accueillir notre bébé dans l’intimité de notre foyer, dans une infinie douceur et sérénité représentait pour moi le plus beau début de cette aventure de la parentalité.

Le choix de la naissance à la maison était donc mûrement réfléchi pour ma fille

Pourquoi choisir l’accouchement à domicile ?

1) Pour offrir à son bébé une arrivée au monde dans une bulle de douceur

Le fait d’être accompagné par la même sage-femme pendant la grossesse et pendant l’accouchement, crée un climat de sécurité et de confiance.

L’accouchement à domicile offre aux parents la possibilité de créer le cocon idéal pour l’arrivée au monde de leur enfant, dans le calme, sans stress, sans agitations alentours, sans néons agressifs. Le temps n’existe plus, il y a le temps d’attendre pour le cordon (ce qui est extrêmement important pour les réserves en fer et pour l’immunité de bébé).

Lors d’une naissance à la maison, bébé vient seulement quand il est prêt, pour ma part si je n’avais pas choisi l’accouchement à domicile, j’aurai probablement été déclenchée lors de mes deux enfantements, lors du « pré-travail ».

2)Pour favoriser une naissance physiologique

Le fait est que nous sommes des mammifères, et que nous avons comme eux pour accoucher, besoin d’intimité , de nous sentir en sécurité, d’être au chaud et dans la pénombre.

Pour que les conditions de la naissance physiologique soient réunies, il faut éviter que les hormones du stress (cortisol et adrénaline) n’entrent en jeu, et au contraire favoriser la sécrétion naturelle d’ocytocine.

En étant chez soi, dans son intimité, avec ses repères, on peut vraiment créer un espace sacré, douillet, avec tout ce qui peut favoriser la sécrétion d’ocytocine.

Pour accoucher de manière physiologique, nous autres être humains devons réussir à laisser de côté notre cortex, (la partie qui raisonne,) et nous connecter à notre instinct et à notre capacité innée d’enfanter depuis les débuts de l’humanité.

Alors bouger comme on le veut (être allongé est la pire des positions qu’on puisse adopter pour enfanter), crier librement, émettre des sons sans avoir peur de déranger et d’être dérangé, va grandement aider à lâcher-prise…

Cela est plus facile de vraiment s’écouter et d’écouter son corps lors d’une naissance à la maison.

3)Pour donner sa place au papa et renforcer son couple

Assister à la naissance à la maison de son enfant est une expérience incroyable pour le papa. Il se sent vraiment utile, et peut soutenir sa femme à chaque étape du travail. Une expérience puissante qui soude le couple et qui permet au papa de tisser un lien unique avec le bébé.

4) Pour vivre en famille un moment fondateur extraordinaire

Pour les autres enfants, la naissance à la maison est perçue comme une continuité naturelle de la grossesse, il n’y a pas une absence brutale de la maman qui disparaît plusieurs jours puis revient de l’hôpital avec un bébé qui lui accapare toute son attention. Lorsque j’ai eu ma fille, tout le monde me demandait si l’aîné n’était pas trop jaloux. Au contraire il était heureux et profondément fier de sa petite sœur. Il se rappelle encore de cette nuit magique.

5) Pour se donner les meilleures chances d’avoir une belle baby-moon plutôt qu’un baby blues

Lorsque l’enfantement se passe ainsi dans une bulle de douceur, il y a beaucoup de chance que tout le postpartum soit dans la même énergie. Que l’allaitement coule de source. Alors bien sûr il y aura de la fatigue, les hormones, et tout ce qu’implique l’attention constante à un nouveau-né mais on a beaucoup moins de risque de faire une dépression post-partum après une naissance à la maison.

Yoga et préparation à la naissance à la maison

Le yoga prénatal m’a accompagné et soutenu tout au long de ma grossesse et pendant l’accouchement.

Les sons m’ont énormément aidé lors du travail et notamment le mantra Om.


Les yogas nidras, la sophrologie, le sankalpa, les visualisations positives m’ont permis de vivre la grossesse, l’accouchement et le post-partum exactement tels que je les avais souhaités.

La pratique quotidienne des asanas, des bandhas, le travail du souffle m’ont permis d’être complètement connectée à mon corps, de l’écouter pour savoir où en était mon bébé, et comment me positionner.

La méditation, les mudras, m’ont amené à percevoir un autre état de conscience, à entrouvrir le voile de la réalité, à laisser la vie s’exprimer en moi en toute confiance, dans toute sa force et sa beauté.
Le travail de l’énergie Apana, m’a aidé à lâcher prise, à débrancher mon cortex, pour une naissance à la maison facile, rapide, dans la joie,  et l’amour.

Récit écrit le jour de la naissance à la maison de ma fille

Pré-travail

 » Depuis l’étape tant attendue des 37 SA (fin de la prématurité, indispensable pour que notre projet de naissance à la maison soit possible) je me sens toute légère, ma grossesse me paraît presqu’irréelle. Mais je me sens prête à t’accueillir, je me suis tellement préparée émotionnellement, psychiquement, physiquement, spirituellement depuis le premier jour où j’ai découvert ta présence en moi…. tout est prêt à la maison, il ne manque plus que toi, j’ai hâte de de rencontrer !

39 SA + 3 : Après une magnifique journée ensoleillée de balade au grand air au bord de la rivière, toujours en forme olympique, je décide d’aller à cette soirée de danses latine. Je ne sais pas pourquoi je fais une fixation sur cette soirée alors que je n’ai pas dansé la salsa depuis au moins 11 ans …

Je sens qu’il « faut que j’y aille » J’ai conscience que ça n’est pas tout à fait raisonnable de prendre la route seule à ce stade avec les virages en montagnes la nuit, j’ai aussi conscience que tout est possible cette nuit et que je n’ai pas du tout envie de perdre les eaux dans la salle, ou que quelqu’un appelle les pompiers à mon insu, mais je sens vraiment appelée, je décide d’écouter mon intuition, je mets dis que c’est toi qui me guide.

Sur le chemin je roule comme une tortue, je sens que je suis dans un état légèrement modifié de conscience, j’ai convenu avec ton papa que je rentrerai à 22h pour éviter d’accumuler de la fatigue avant le grand jour. La soirée se déroule à merveille, je me sens tellement joyeuse, je suis heureuse de danser, je me sens bien dans ce corps qui porte la vie, je suis heureuse de retrouver ces sonorités latines, je suis sur un petit nuage, je sens que tu approches, je flotte dans un autre monde. Quelques signes m’avertissent que mon corps se prépare, les ligaments de mon bassin m’envoient des décharges électriques, quelques contractions indolores se rapprochent au cours de la soirée.

A 22h20, un peu à contre-coeur car je m’amuse vraiment beaucoup mais fidèle à mon engagement je rentre, je préfère ne pas trop « tirer sur la corde » je connais mes besoins de sommeil. Au petit matin des contractions douloureuses arrivent. Tu vas peut-être arriver aujourd’hui ! Joie, excitation, branle-bas de combat ! De 7h à 17h30 les vagues sont là, toutes les 4 minutes, si j’avais décidé d’accoucher à la maternité j’aurais dû m’y rendre dès 8h, mais heureusement ça n’est pas mon projet.

Aujourd’hui est le grand jour, un jour de fête : je chante des mantras pour tenir chaque contraction, je cuisine des gâteaux , j’allume des bougies, je danse j’ondule.

Mais peut-être trop de soleil,

peut-être pas assez d’intimité, -même si ton frère est adorable et me laisse chanter et danser à ma guise, il est là- ,

peut être que je n’arrive pas à rester dans ma bulle car j’ai envie de sortir voir le jour et marcher dehors en famille,

peut-être que c’est tout simplement toi ou mon corps qui réclament une pause, à la fin de l’après-midi les contractions s’espacent, puis s’arrêtent.

Je passe une très bonne nuit, réparatrice et régénérante.

Le jour J

Lundi : dans mon corps tout est calme. Je fais une pratique de yoga très dynamique mais je prends soin de l’orienter vers l’énergie « apana », (celle du lâcher prise et de l’enfantement, je médite, je chante des mantras, je suis sereine et centrée.

Le lundi soir je donne deux cours de yoga avec beaucoup de plaisir. Je plaisante avec mes élèves en leur disant que j’ai failli ne pas pouvoir faire le cours pour cause de bébé imminent.

A 21h je me souviens que je vais bientôt accoucher, qu’il faut ABSOLUMENT que je lise le livre sur la naissance à la maison, que m’a envoyé Cynthia Durand , hier, avant que tu arrives !

Quand j’ai finis le livre, ton papa me rejoint il est minuit.

Travail

Une heure du matin environ les contractions reprennent. Beaucoup plus intenses, la douleur a monté d’un cran, cette fois ci ce n’est plus une « répétition générale…

Je commence à m’agiter, et à préparer ce dont j’ai besoin entre deux contractions, j’essaie de gérer avec des soupirs et des gémissements, je tente le bain mais cela ne me soulage pas, je ressors aussitôt, je ne cesse de changer de position, quatre pattes, mouvement de bassin, extensions, ballons, j’avais oublié que ça faisait mal comme ça ! J’essaie d’écouter mon corps.

Je me demande si je n’ai pas trop de connaissances et si cela ne risque pas de m’empêcher de débrancher mon cortex comme j’ai si bien réussi à le faire la première fois quand je savais moins de choses sur la physiologie de la naissance.

A un moment je trouve mon truc pour TA naissance : le OM que je chante tout le long de la contraction. Magique ! la douleur disparait.

La position allongée sur le dos m’est insupportable donc je l’évite mais la fatigue commence à se faire sentir mais je finis par m’allonger sur le côté pour récupérer un peu.

J’entre dans une autre phase. Je m’intériorise. Je suis tout au fond de moi-même. J’accueille pleinement et dans le silence et l’immobilité chaque nouvelle vague, je les accepte désormais pleinement je pense que je m’ouvre, je visualise mon col je suis un peu comme dans un état hypnotique. Je me dis « cool ça y est, je gère trop bien, en fait ça va c’est pas si terrible »

Soudain les vagues reprennent d’une violence et d’une intensité incroyable, m’arrachent à mon lit, je deviens bête sauvage. Mon compagnon prend l’initiative d’appeler la sage femme.

Délivrance

A peine a-t-il raccroché que je perds les eaux, je sens que tu arrives, je ne peux plus parler, je m’agrippe à lui, je lui dis ça y est elle est là, je me mets accroupie sur mon tapis de yoga, je me suspends à lui, et très vite dans une poussée toute douce qui se fait toute seule, tu es là. Je te dépose sur le tapis et ton papa t’enlève trois tours de cordons.

Tu es bien rose, tu cries fort, nous sommes heureux, fiers et soulagés.

La sage-femme arrive 15 minutes plus tard, exactement au moment parfait pour nous. Elle nous laisse profiter de ces premiers instants sans nous soucier du placenta. Puis je délivre rapidement et facilement. Tout va bien.

Nausicaä Durga tu es née…. tu cries beaucoup au début, ça va réveiller ton frère qui arrive tout ensommeillé pour compléter notre bulle de bonheur idyllique. Je n’ai pas déchiré je me sens tellement bien, ton arrivée dans le monde a été parfaite. Merci la vie. »

naissance à domicile

Naissance à la maison : conseils et recommandations

Pour qu’une sage-femme accepte d’accompagner une grossesse en vue d’une naissance à la maison, il faut que celle-ci ne soit pas pathologique et que tous les voyants du point de vue médical soient au vert. Les sages-femmes pratiquant l’AAD sont des passionnées, et sont peu nombreuses, n’hésitez pas à prendre contact dès le début de votre grossesse.

Entourez vous de personnes positives, capable de vous soutenir dans votre projets, n’essayez pas de convaincre ceux qui n’y adhèrent pas mais renseignez-vous sur la physiologie de la naissance, lisez des témoignages, regardez les chiffres officiels de l’AAD pour faire un choix éclairé, et non dicté par des peurs ou des croyances limitantes.

Prévoyez vraiment une pièce TRES TRES TRES chauffée, c’est essentiel pour bébé et pour la délivrance du placenta.

Soyez toujours en accord avec vous-même, à tout moment vous avez le droit de choisir ce qui est bon pour vous et votre bébé, y compris de changer d’avis et d’aller à la maternité si besoin.

Avant tout, si on fait le choix de la naissance à la maison, il faut se sentir profondément en sécurité.

Ressources sur l’AAD
  • le site officiel de l’accouchement à domicile et de la naissance à la maison
  • le film de Nina Narre Faut pas pousser
  • tous les écrits et interview du gynécologue Michel Odent spécialiste de la naissance à la maison
  • une histoire super de naissance à la maison à raconter à ses ainés : Ma mère c’est la plus forte, de Cynthia Durand
  • le compte Instagram d’Amandine Naissance
ma mere cest la plus forte

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Yogini passionnée, thérapeute holistique et comédienne, Olivia Charpentier Yoga partage la joie du Yoga au cours de ses retraites en harmonie avec la nature et dans le respect du vivant.
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