Shank Prakshalana, le nettoyage du tube digestif

par | 19 Mar 2025 | Yoga | 0 commentaires

Shank prakshalana fait partie des Shatkarmas : les six actions de purification yogiques. Elle consiste en un nettoyage complet du système digestif et des intestins

En complément de l’article sur les nettoyages de printemps, nous allons voir ici cette pratique (plutôt réservée aux yogis avancés). Traditionnellement, on la fait aux changements de saison, de préférence au printemps et à l’automne.

Pourquoi pratiquer Shank Prashalana ?

Cette pratique a un intérêt si on l’aborde comme une vraie pratique spirituelle et pas une simple purge

C’est un moment de connexion à son corps et d’intériorisation.

Pratiquer Shank Prakshalana comme une longue méditation, dans le calme, la douceur, comme un moment qu’on s’offre,

Alors seulement elle agit comme un vrai reset physique, psychique et émotionnel.

Qui apprend la patience et l’urgence de ralentir.

En quoi consiste Shank Prakshalana ?

L’eau qui entre dans la bouche pendant Shankha prakshalana descend dans l’estomac, l’intestin grêle et le gros intestin pour rendre l’intérieur de notre corps aussi pur et lisse que l’intérieur d’un coquillage d’où le nom de cette pratique (Shanka : la conque)
On continue la pratique jusqu’à ce que l’eau ne ressorte aussi propre qu’elle n’entre.

L’idée est de restaurer la fonction essentielle des intestins qu’est l’assimilation et l’absorption de tous les éléments nutritionnels.

Cette assimilation se fait par les villosités intestinales qui tapissent les parois de l’intestin. Les villosités augmentent la surface qui peut absorber, et leur pureté conditionne directement l’arrivée finale de notre alimentation dans le sang.

Par aillleurs la science ne cesse de redécouvrir l’importance de notre « deuxième cerveau » et des relations entre notre microbiote et la santé mentale. L’intoxication des intestins peut causer des migraines, des colères, de la nervosité, des inquiétudes et des peurs voire de la dépression.

Pendant cette purge de Shank prakshalana, l’eau salée nettoie les toxines physiques mais aussi toutes les toxines énergétiques et mentales.

Les bénéfices sont vastes et se ressentent sur le long terme : amélioration de la digestion et du métabolisme, meilleure haleine, amélioration de la peau, immunité renforcée, élimination des parasites et champignons (toujours consulter votre médecin en cas de maladie), regain d’énergie…

L’alimentation se fait plus consciente et il devient naturel et facile de s’orienter vers des aliments qui nous font du bien.

Au niveau mental, une sensation de libération, d’apaisement, de clarté favorisent la concentration et la méditation

Comment pratiquer Shank Prakshalana :

Préparation avant la pratique : La pratique de Shank Prakshalana commence bien avant le jour de la purge. Idéalement, il faut adopter une alimentation végétalienne riche en fruits et légumes, et légère, pendant 3 à 5 jours avant de commencer. Cela permet de préparer le système digestif et de favoriser une purification en profondeur. Éviter produits laitiers, le sucre, l’alcool et la caféine et toute substance toxique (cigarettes etc). Boire beaucoup d’eau pendant cette période.

La veiller manger très léger et jeuner à partir de 14h.

Le processus en lui-même :

On commence tôt le matin, à jeun donc.

Préparation de l’eau salée : L’eau salée est l’élément clé de cette pratique. Elle doit être tiède et de concentration spécifique : environ 1 cuillère à café de sel non raffiné dans environ 1 litre d’eau tiède. Puis méditez quelques temps avant de commencer à boire.

  • La consommation de l’eau salée : boire l’eau salée lentement, par gorgées successives dans un état de calme et d’introspection.
  • Les postures de yoga entre chaque prise d’eau : Après chaque verre d’eau, il est nécessaire de faire quatre postures de yoga spécifiques pour encourager l’eau à circuler dans les intestins : 1 : une flexion latérale du buste, 2 : une torsion debout en se tendant la main du côté vers lequel on se tourne, l’autre main sur la clavicule opposée, 3 : un chien tête en haut en torsion, 4 : une torsion assise à partir de l’accroupi, un genou au sol l’autre genou vers soi, en se tournant du côté du genou vers soi.
  • On répète chaque posture 4 fois de chaque côté et la série des postures entre chaque prise d’eau. Puis on reprend un grand verre, et aussitôt après on recommence les postures. Attention même si les postures sont assez simples, la longueur de la pratique totale fait que la pratique peut être éprouvante.
  • Au bout d’un certain nombre de verres, vous commencerez à aller aux toilettes. Continuer à boire et à faire les postures jusqu’à ce que l’eau ressorte claire. Cela peut prendre un temps variable selon les personnes et un nombre de litres de 3 à 6 voire 7 litres. A la fin, vous faites un nettoyage de l’estomac en buvant très rapidement une grande quantité d’eau tiède non salée que vous faites ressortir. Puis reposez vous 45 à 60 minutes, idéalement faîtes une relaxation ou un yoga nidra.
  • Reprise alimentaire après la pratique : Une fois la purification terminée, la reprise alimentaire doit se faire en douceur !!! Une heure après la fin de votre pratique, prenez un repas léger, comme du riz basmati cuit additionné d’huile ou de ghee, le soir même mangez uniquement la même chose avec un peu de légumes cuits. Pas de fruits cru avant le surlendemain.
  • Le régime après le nettoyage : Pendant les dix jours qui suivent le nettoyage de l’intestin, continuez à suivre un régime végétalien, avec des aliments faciles à digérer, en évitant les excitants (thé, café, alcool…) mais aussi le sucre (y compris les fruits les deux premiers jours ) et les crudités.

Conseils importants :

  • Patience et respiration : Restez calme tout au long du processus, respirez profondément et ne vous forcez pas. Chaque corps réagit différemment, et il est important de faire preuve de patience et de bienveillance envers soi-même.
  • Écoute du corps : Si à un moment donné vous ressentez un inconfort excessif ou si votre corps vous indique qu’il est temps de vous arrêter, ne forcez pas. Vous pouvez toujours essayer de reprendre la pratique plus tard, lorsque vous serez mieux préparé

Postures de l’enchaînement Shank Prakshalana

Précautions et contre-indications de Shank Prakshalana

Shank Prakhalana est déconseillée en cas de grossesse, la première année d’allaitement, en cas d’hypertension ou de pathologie du système digestif (ulcères…), en cas de diarrhée, en cas de Vata aggravé et de maladie cardiaque. Il est important de bien respecter la préparation et les conseils.

Mon expérience de Shank Prakshalana

C’est une pratique que j’ai dû faire environ 6 fois, et avec un peu de recul, je vous partage ici mon expérience et quelques principes qui me semblent vraiment essentiels pour bien vivre cette purge :

1er fois :

En 20212, encore élève-professeure, je l’avais fait par curiosité. Je n’avais pas été sérieuse sur la préparation car j’avais décidé de le faire un beau matin, sans anticipation, sur un élan soudain et impulsif ! Et ma reprise fut également trop rapide ! Je n’ai pas eu de désagréments mais, en toute franchise, n’ai pas ressenti d’effet notable.

2ème fois :

La deuxième fois, nous étions deux yogis à suivre le processus. Deux pour un wc, donc… J’en ai conclus que c’était mieux d’avoir ses propres toilettes, c’est une pratique quand même assez intime ! Pour se connecter à Soi, c’est aussi mieux de ne pas du tout être tenté de parler à quelqu’un.

Cette fois-là je n’avais pas mangé l’huile malgré les préconisations (de base je n’aime pas du tout l’huile).

3ème fois:

Je me souviens d’un sentiment profond de nettoyage, de légèreté agréable, dans les semaines qui ont suivi.

4ème fois :

Ma pratique était beaucoup plus en conscience, je suis vraiment rentré dans un était de profonde intériorisation. Mais le mieux est toujours l’ennemi du bien j’avais un peu trop mangé à la reprise, en me forçant à ingérer l’huile préconisée, moi qui n’ai pas l’habitude de l’huile, j’ai senti que c’était trop pour mon système digestif.

5ème fois :

Pour la première fois j’ai essayé de respecter tout le protocole à la lettre : une semaine totalement vegan (je mange habituellement des yaourts et du fromage de brebis, et des oeufs bio) et sans chocolat (j’en consomme quand même beaucoup), le reste des interdictions ne me concernaient pas (alcool, sucre industriel, café, aliments transformés)

Pour la première fois, j’avais programmé le jour plutôt que de la faire de manière impulsive, (tout en me laissant la liberté de changer d’avis si jamais je ne l’avais pas senti au dernier moment): celui de l’équinoxe de printemps.

J’avais bien préparé mon corps quelques jours avant avec des auto-massages pour éviter l’aggravation du dosha Vata.

J’étais centrée sur mon intention pendant que je buvais chaque gorgée, connectée au chant des oiseaux et aux bruits de la nature, en m’harmonisant aux énergies du printemps, et à chaque élimination me centrant sur les émotions que je souhaitais libérer,  évacuant en conscience les toxines émotionnelles et physiques accumulées pendant l’hiver. J’ai écouté des mantras pendant tout le nettoyage, je me suis vraiment mise dans une bulle.

La « pompe s’est amorcée très facilement, par contre le nettoyage global m’a bien pris 5h30 en tout (relaxation, méditation douche et automassage compris), c’est vraiment une pratique qui requiert et enseigne la patience. Mais dans ce temps long il y a un espace qui peut s’ouvrir, une conscience qui peut s’élargir, une paix qui peut s’installer.

Après la pratique j’ai vraiment pris le temps de me relaxer et de méditer.

Cette fois-ci j’avais mis une quantité modérée d’huile sur le riz du premier repas. Et la reprise fut progressive.

C’était une belle expérience qui a continué à porté ses fruits les mois suivants sur différents plans (immunité, clarté mentale, force intérieure et résilience…)

la 6ème fois

C’étais au début de l’automne. Je sentais mon système digestif fatigué et des analyses avaient décelé des parasites. J’ai choisi d’essayer de faire cette pratique pour nettoyer complètement ma flore et de voir si me permettrait d’échapper à un traitement plus lourd que je souhaitais éviter étant donné que j’allaitais.

Et en effet, les analyses suivantes montrèrent que tous les parasites avaient bien été éradiqués (en complément d’une alimentation très ciblée ail, pépins de pamplemousse, huile essentielle d’origan etc).

Conclusion : Que penser de Shank Prakshalana ?

C’est une pratique puissante qui permet de nettoyer non seulement le corps, mais aussi l’esprit et les émotions. En éliminant les toxines physiques, on libère également les énergies stagnantes et les pensées qui encombrent notre quotidien.

Cette purge va au-delà de la simple détoxication ; elle agit comme un reset profond qui nous permet de retrouver une clarté et une légèreté intérieure.

Ce nettoyage est une opportunité de prendre du recul, d’écouter son corps.

4 points Importants à avoir en tête si on se lance dans Shank Prakhalana

1) Ne pas sous-estimer la diète préalable et surtout la reprise qui doit se faire vraiment progressivement (éviter de manger quatre bols de kichari à l’huile, surtout si vous n’avez pas l’habitude de manger gras comme c’est mon cas). C’est vraiment important de continuer à éviter sucre, viandes, produits laitiers, excitants, fruits acides pour que la pratique soit bénéfique. (la première fois que j’ai fait la purge j’avais un dîner au restaurant prévu avec mon amoureux le soir … Evitez d’être dans ce genre de situation !)

Prévoyez bien une cure de probiotiques d’un mois pour que la flore se reconstitue.

2) Faîtes confiance à votre corps et ne paniquez pas si vous mettez du temps. Chaque corps est différent, le temps que l’eau fasse tout le trajet jusqu’au rectum peut-être long, soyez patient et confiant.

3) Pendant tout le processus, visualisez les toxines qui s’évacuent sur tous les plans, physiques mais aussi psycho-émotionnels… Laissez s’évacuer les énergies d’habitude qui vous pèsent, les vieux schémas, les émotions douloureuses refoulées etc

4) Enfin et surtout faites de cette pratique une sadhana à part entière, restez dans le silence ou écoutez des mantras, intériorisez vous, restez dans l’instant, pleinement conscient et de ce qui se passe en vous.

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Yogini passionnée, thérapeute holistique et comédienne, Olivia Charpentier Yoga partage la joie du Yoga au cours de ses retraites en harmonie avec la nature et dans le respect du vivant.
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